Huit ans plus tôt, il avait vendu la terre de Kergoz à Prigent de Kerlech et Jeanne de Kerloaguen, avec ses dépendances, colombier, jardins, bois, droits de prééminences en l église de Plomeur et en la chapelle de Saint-Trémeur au Guilvinec , pour la somme de12.000 livres. Le 17 Juin, 1658 Messire Ollivier Furic, recteur de Plomeur, donnait la bénédiction nuptiale à Pierre Littre, regisseur du manoir de Kergoz. Par permission spéciale de l Évêque et Comte de Cornouaille, la cérémonie se déroula dans la chapelle du Kergoz parmi les assistants, les seigneurs de la maison. Aux derniers jours d Avril, encore à la fleur de l âge, car il n avait que vingt-six ans, Messire François de Kerlech rendait son dernier soupir. Il est qualifié à sa mort de seigneur de Kergadio, du Kergoz et autres lieux . Son corps fut inhumé en la chapelle de Sainte-Anne, en la voûte et grande tombe du Kergoz . La même année, Prigent de Kerlech cédera sa seigneurie du Guilvinec à Hamon Le Jacobin, seigneur du Dourdu, en Plougoulm, et sénéchal de Léon. Si les laboureurs de terre du Guilvinec et leurs accortes commères ne rechignaient pas à la besogne, en revanche ils possédèrent très tôt la passion de la danse, qu ils ont du reste léguée à nos garçons et à nos filles. Et ils n avaient nul besoin de solliciter le concours d un musicien des paroisses voisines car, en 1673, deux ans avant que n éclate la révolte du Papier timbré , un moulurier et sonneur de vèze (meunier et sonneur de biniou) avait sa demeure au manoir de Kergoz. Au Guilvinec, le tragique soulèvement des Bonnets rouges (1675) contre les rigueurs de la fiscalité royale et leur excessive misère, ne semble pas s être manifesté au détriment de la maison seigneuriale de Kergoz, du moins les documents d archives n en ont pas apporté jusqu ici la révélation. Quand tout près de là, à Treffiagat même, les mutins de cette paroisse et ceux de Plomeur mettaient au pillage le manoir de Lestrédiagat.
y.tanneau extrait revue dialogue mai 1975 |